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AVANT-PROPOS
de Patrick Eudeline:
Stan Cuesta a écrit à Rock&Folk.
Et n'aime
pas vraiment le rock français.
Cela le regarde. Même si j'aurais tendance à penser, en ce qui me
concerne, qu'il ne sait pas ce qu'il perd.
Le Diable lui pardonne, dirons-nous.
Mais là, c'est un atout. C'est qu'il a choisi de parler de " L'Homme
à la Moto " et de Piaf, donc, en se plaçant au-dessus de la mêlée.
Il a choisi de parler du classique français absolu. Peut-être… du
seul morceau de rock qui ne soit pas un rock, MAIS qui parle de
rock mieux que personne.
Un jour Édith Piaf chante cette adaptation d'un classique des Cheers,
" Black Denim Trousers and Motorcycle Boots " composé par les grands
Leiber & Stoller, qui ont travaillé pour les plus grands, à commencer
par Elvis.
Et cet " Homme à la Moto " s'avérera immortel. La rencontre parfaite
entre le réalisme français et ses outrances - de Piaf à Hallyday
en passant par Brel - et la tradition américaine du blues. Pure
transcendance.
" L'Homme à la Moto " nous emmène sur un terrain qui nous appartient
en propre, et qu'aucun David Bowie, que nulle Björk ne pourra jamais
venir piétiner. C'est le rock français. Tout simplement. En ce qu'il
a de plus profond. Éternel. Une fascination du noir et du drame.
Le goût Rimbaldien pour les bad boys.
Il y eut " L'Homme à la Moto ". Et puis Gene Vincent est venu. Pur
héros cassé de tous les premiers " blousons noirs ". Et puis, il
y eut Vince. Le premier d'une longue suite d'exilés. Qui ne manqua
pas d'interpréter lui aussi l'hymne fameux. Qui lui collait bien
sûr comme un gant de cuir. Au cours des années, la France allait
se faire terre d'asile pour tout ce que le rock avait de plus maudit
et de plus looser. De Johnny Thunders à Iggy.
Tous ceux qui portent un Aigle dans le dos. Et un cran d'arrêt tatoué
sur la poitrine.
Et tout cela avait commencé, donc, avec " L'Homme à la Moto "…
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