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Robert Wyatt
Shleep
Hannibal/ Ryko
Cela fait plus
de six ans qu'on attendait un nouvel album de Wyatt, et environ
quinze qu'on en attendait un de cette qualité. Wyatt est ici au
sommet de sa forme, et pour la première fois depuis longtemps, il
s'entoure d'autres musiciens et il s'amuse. De Phil Manzanera qui
lui a ouvert grand les portes de son studio et l'accompagne à la
guitare sur "Alien", à Eno, qui cosigne et coproduit le morceau
d'ouverture (et premier single) "Heaps Of Sheeps", en passant par
Hugh Hopper qui lui offre la très belle mélodie de "Was A Friend"
et les cuivres de Evan Parker (saxophone) et d'Annie Whitehead (trombone),
on est en terrain connu. Et quel terrain ! Celui de Rock Bottom,
tout simplement, dont on retrouve ici parfois le style, au détour
d'harmonies étranges, de cuivres libertaires ou de parties de piano
inimitables. Par contre, sur quelques titres, on déboule en territoire
inconnu, et c'est magnifique. Tout d'abord avec "Maryan", coécrit
et accompagné par Philippe Catherine (le guitariste de jazz qui
accompagna Chet Baker à la fin de sa vie) : la voix de Robert, des
arpèges de guitare acoustique, c'est tout con, mais c'est beau.
Et puis, il y a les deux titres avec Paul Weller... Au début cette
guitare électrique très classiquement rock qui accompagne la superbe
mélodie de "Free Will and Testament" dérange. Trop banale, trop
évidente, trop facile. Et puis, on se dit, que quand même, c'est
vachement bon. Et qu'on peut le faire écouter à sa copine sans qu'elle
sorte de la pièce (essayez avec Soft Machine : bon courage). Et
ce "Blues in Bob Minor", pastiche / hommage hilarant de "Subterranean
Homesick Blues" ! Cet album est tellement riche et varié qu'il va
nous faire de l'usage longtemps. Mais ce n'est pas une raison pour
que Wyatt attende dix ans pour en faire un autre. On en veut encore
!
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