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Chris Whitley
Din Of Ecstasy
Columbia/ Sony
Chris Whitley revient. Et il n'est pas content. Enfin, je n'en sais
rien, disons qu'il met la gomme et envoie les aiguilles dans le
rouge. Auteur d'un premier album quasi unanimement acclamé (Living
With The Law en 91) pour sa "couleur" blues acoustique, il était
rapidement devenu "l'homme au dobro (guitare acoustique en métal)".
Alors, évidemment, la première écoute du "boucan de l'extase" va
en pétrifier plus d'un. Merde alors, c'est bien le même gentil garçon
frêle qui nous berçait au coin du feu de ses ballades certes torturées,
mais néanmoins Daniel Lanois-isées ? Je vous le confirme, c'est
bien lui, il est toujours frêle, ses ballades sont toujours torturées.
D'ailleurs, il n'a pas changé grand chose, on retrouve son jeu de
guitare original, ses harmonies complexes, sa voix grinçante et
chaude qui monte et qui descend le long de lignes mélodiques fuyantes
comme des anguilles. Simplement, il a trouvé une prise de courant.
Il a branché sa guitare, son ampli, et il a appuyé sur la pédale
(d'accélérateur, de volume, de distorsion, tout ce que vous voulez).
C'est surprenant, incomparable (mauvais, ça, pour la presse). Tellement
que les seules comparaisons qu'on entend ici où là sont faites avec
d'autres incomparables, Jeff Buckley en tête... Tiens donc. Moi
ça ne me fait penser à rien de connu sur la planète, si ce n'est
certaines lignes de guitares saturées complexes et tordues de Robert
Fripp, et c'est loin d'être une injure! L'écoute de cet album se
révèle payante. Mais faut écouter, c'est sûr, faut faire un effort.
En bruit de fond pour dîner avec des amis, c'est moyen, ça casse
l'ambiance. Chris Whitley ne fait pas de la musique décorative.
Il fait de la musique.
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