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The Kinks
Phobia
Columbia
Il y a moins
d'un an sortait un CD single des Kinks sur Columbia, leur nouvelle
compagnie, avec (surtout) ce titre, "Did ya", et nous, les Kinks
maniacs, souvent déçus mais toujours fidèles, nous exultions : une
superbe chanson nostalgique sur les sixties londoniennes, parfaite,
avec LE son Kinks de la grande époque, évoquant ces chef d'oeuvre
que sont "Sunny Afternoon" ou "Waterloo Sunset". Les frères Davies
prouvaient que quand ils voulaient... Et voici enfin l'album. On
est bien obligé de reconnaître que ça n'a rien à voir. On est plus
dans la continuité des albums (souvent sous-estimés) de ces quinze
(déjà!) dernières années, très rock, avec de grosses guitares, qui
plaisent tant aux américains, et si peu aux autres. Passé le premier
moment de déception (on attend tellement d'eux), que reste-t-il?
Un album assez dur et pessimiste sur le monde moderne (mais Ray
fut-il jamais optimiste?), des paroles toujours justes, une profusion
de guitares, donc, et puis LA voix, inimitable, qui me fait craquer
à tous les coups...Bien sur, ceux qui n'ont aimé aucun album des
Kinks depuis toutes ces années ont peu de chances d'apprécier celui-ci.
Mais pourquoi bouder notre plaisir? Il y a ici de très bonnes choses.
Quelques éclairs de génie humoristicodésespéré, des ballades amères
comme on les aime ("Only a dream", "The informer"), et la chanson
ultime sur l'amour-haine qui unit depuis toujours Ray et Dave :
"Hatred (a duet)", un bijou, où les deux frères se partagent les
couplets en s'envoyant leur venin à la tête ("la haine est la seule
chose qui nous fait rester ensemble"!), sublime et jouissif de méchanceté.
Un bon album de rock'n'roll, par un groupe qui, mine de rien, traverse
les époques de la plus belle façon. Dignes, hautains, le sourire
en coin. Anglais jusqu'au bout du médiator. Pourvu que ça ne s'arrête
jamais.
L'article
de Rock & Folk
L'interview
intégrale
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